Vu Dimanche, en avant première.
Merci chère vous pour cette invitation. Au moins maintenant je ne confondrai plus le Vox et l'UGC.
De par Dieu que je me lasse parfois de moi !!
Il s'agit donc de l'histoire de tête en vrac qui s'en va voir tête en friche.
La tête en friche c'est celle de Germain Chazes, un homme d'une cinquantaine d'année, qui contrairement à ce que dit le synopsis de ce film n'est ni inculte ni analphabète, mais seulement pauvre d'une certaine culture, celle des mots, ceux du dico, et celle des livres, ceux qu'on est sensé avoir lu.
Mais ne pas connaitre les mots pour dire les choses ne veut pas pour autant dire les ignorer, et Germain, au delà des apparences, sa simplicité un peu frustre et une petite vie que nombreux pourront voir sans intérêt, sait très bien incarner au quotidien des valeurs de vie dont la progressive dégringolade mériterait bien aussi un fond de soutien !
Tant de gens en effet qui les connaissent les mots, et qui n'ont comme seul talent que de les aligner pour au mieux ne rien dire et au pire tromper et mentir.
Si peu d'écrivains à notre époque pour tant d'écrits vains.
Non, ce dont souffre Germain c'est en vérite d'un manque d'estime de soi. Fruit d'une rencontre éphémère sous les lampions dansants d'un bal de 14 juillet sa mère lui fera en effet payer toute son enfance son imprévoyance d'un instant. Sans père et sans amour maternel ce n'est pas non plus à l'école et auprès de son instituteur (incarné superbement par Régis Laspales) qu'il trouvera modèle, et dont la méchanceté perverse achèvera de détourner définitivement l'enfant de toute appréciation positive de lui même.
La rencontre avec Margueritte (avec deux t) que raconte ce film est pour moi d'abord l'histoire d'une réparation. Si la vie de Germain est bouleversée par cette cette vieille dame ce n'est pas je crois parcequ'elle l'initie à la littérature mais seulement parcequ'à travers celle-ci cette femme bienveillante lui montre le chemin de lui même, de l'amour et de l'estime de soi.
Si le scénario de ce film tient sur un timbre poste je ne vous révèlerai pas pour autant la plus belle, la plus magnifique, la plus superbe conséquence du changement de regard de cet homme sur lui même.
J'ai lu ici et là que ce film était une niaiserie.
Je suis bien d'accord. Mais au final, une heure et demie d'amour, d'amitié, de générosité, de douceur, de tendresse, d'humour, même si on n'y croit pas un instant, ce n'est pas si mal.
Un détail : Margueritte à choisi la peste de Camus pour initier Germain à la littérature.
Ah ah !
Puisqu'on vit une époque formidable profitons de l'occasion pour lire ou relire ce roman qui lui n'a rien de vain