Malgré mon emploi du temps très surchargé (j'aime bien dire ça) je suis passé ce matin place de la République ou se déroulait en petite pompe (les grandes s'en étant sans doute allé cirer celles de Sarko à Colmar) et tout aussi petit comité, la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 (sachant que la reddition teutonne a été signée la veille.) .
«C'est quoi ce bordel ? » a demandé pas loin de moi une jeune fille à un policier qui lui faisait signe à elle et son vélo de contourner la zone VIP.
Ce qui est d'abord et surtout choquant c'est son ignorance.
L'école est toujours obligatoire en France non ? Ou ai-je loupé un chapitre ?
Pour le reste et à écouter le préposé au discours je me suis moi aussi demandé s'il n'y avait pas là comme une sorte de bordel et de foutage de gueule à parader en héros et oublier l'air de rien que cette guerre la France l'avait d'abord perdue sans gloire en 1940 et que ni la Résistance et les FFI n'étaient nés par la seule volonté et détermination Française.
Mais là ou je rejoins surtout la gamine dans l'idée de désordre c'est quand j'entend évoquer avec des accents lyriques le droit des peuples à la liberté.
Le 8 mai 1945 n'est en effet pas synonyme de festouille pour tout le monde ; à se rappeler si vous le voulez bien que ce jour là des foules algériennes, à Sétif et ailleurs, se sont fait massacrer par l'armée et la police Française parce que justement elles faisaient valoir leur droit à la liberté et à l'indépendance.
Deux poids deux mesures.
Comment ça il ne faut pas tout mélanger ?
Je vais même en rajouter une louche car ce matin je me suis pris une petite leçon d'histoire.
Pas très loin des flonflons officiels, devant la bibliothèque universitaire et le théâtre étaient campées ces quelques personnes, venues elles aussi célébrer à leur manière ce jour de Victoire.
Elles représentent l'association Thiaroye 44, crée en 2005 et qui est composée d'enfants et de petits enfants de ces hommes qui il y a plus de 65 ans se sont battus sous la bannière Française contre les armées Allemandes.
Et savez vous ce que demandent ces gens ? Simplement le même traitement que les anciens combattants Français, à la fois en terme de solde et de reconnaissance.
Des progrès sur le sujet ont été faits. Mais ce ne sont pas des avancées ou de nouvelles promesses qu'ils attendent, seulement la même égalité de traitement c'est tout.
Ah j'oubliais !
Thiaroye c'est aussi un petit village dans la banlieue de Dakar ou à l'aube du 1er décembre 1944 l'Armée Française s'est illustrée glorieusement et courageusement en tirant à vue sur quelques centaines de ces hommes qui au retour de la guerre en France exigeaient seulement que l'administration tienne ses promesses et leur paye ce qu'elle leur devait. Il paraitrait que les gars commençaient à se montrer un peu impatients et un tantinet indisciplinés.
Insupportable en effet !
Quels ingrats ces tirailleurs quand on y pense. On leur offre l'honneur et la gloire de mourir pour une patrie qui n'est pas la leur et ils ne pensent en retour et remerciement qu'à nous réclamer du pognon.
Il sera dénombré une trentaine de morts et autant de blessés. Peut-être plus, allez savoir .... Quelle importance n'est-ce pas !
Un détail encore : Les troupes qui ont tiré n'ont pas participé aux combats en France.
Vous savez quoi, ça me fait gerber.
Vive la France !
Pour en savoir plus : Attention c'est du lourd ...
Il y a aussi un article du Monde daté du 10 avril 2010, réservé aux abonnés, sur l'histoire des pensions et leur cristallisation.
A voir également ce reportage :
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